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La musique selon...

  • Photo du rédacteur: FGR
    FGR
  • 3 mai
  • 2 min de lecture

« Dans mon travail de mise en scène, il y a toujours un moment où la présence de la musique se révèle comme un élément essentiel de l’ensemble des registres qui interviennent dans la fabrication d’une pièce de théâtre. Parfois ce moment survient bien en amont. Ainsi je me souviens avoir pensé au Magnificat d’Arvo Pärt alors que je travaillais sur la dramaturgie de  « La famille Schroffenstein » une pièce de Heinrich Von Kleist. La perspective d’un chœur d’une vingtaine de personnes interprétant cette œuvre en commençant sur un plateau immergé dans la nuit a donné une intention à la fois solennelle et intime au récit : Un spectacle en clair-obscur dénonçant la bêtise humaine lorsqu’elle est composée de malentendu, de superstition et de paranoïa ayant le pouvoir terrifiant de déclencher une guerre sans merci au sein de deux branches d’une même famille. Parfois c’est en présence des comédiens et alors que les répétitions vont déjà bon train qu’un thème, un style de musique ou un morceau apparaît, changeant le climat de la scène en cours, de manière aussi radicale que le choix de peindre un paysage de montagne en hiver plutôt qu’en été. 

En ce sens la musique, sous toutes ses formes, à travers une bande-son ou grâce à la présence d’un ou d’une musicienne sur scène et quel que soit le style, tient une place prépondérante dans le processus de création. Parfois c’est le choix de son absence qui s’impose mais alors ce sera une fois de plus grâce à sa possible présence. 

Un spectacle se crée en fonction de ses intuitions, de son monde intérieur, de ses rêves, autant d’espaces qui respirent et vivent grâce à la musique. Sans elle cela manquerait d’intérêt, de joie et de sens. »



©Elisabeth Gaspoz - 2025

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